La revue universitaire Hermès décrypte Lights in the Dark

Un article de The Conversation évoquait ces jours-ci notre mission, Un autre article, universitaire, nous a été transmis : à l’occasion de la sortie de notre livre Evangéliser sur Internet, mode d’emploi, il revenait sur notre façon d’évangéliser, en comparaison des méthodes évangéliques. Il est paru dans Hermès, la revue communication du CNRS, sous la direction du chercheur Dominique Wolton (auteur d’un livre d’entretiens avec le pape François), et rédigé par un professeur de l’université de Tours, David Douyère. Extraits.

David NOLENT, Missionnaire sur Internet, L’incroyable histoire de David Nolent, le directeur du Top chrétien,
s.l., Top chrétien/Top Mission, 2018, 128 p.

Jean-Baptiste MAILLARD, Christophe MARGER, Jean-
Philippe PONTOIZEAU, Évangéliser sur Internet, mode d’emploi, Nouan-le-Fuzelier, éditions des Béatitudes,
2019, 215 p.

Ces deux ouvrages sont le signe et la trace d’un intérêt des mouvements religieux pour la communication numérique : ils témoignent de façon singulière de cette mobilisation « d’entrepreneurs du religieux » qui investissent l’espace numérique comme champ d’évangélisation. La communication s’étend en effet désormais sous les formats numérisés et gagne le religieux, chrétien notamment. Le premier ouvrage est le témoignage du directeur d’un service numérique d’évangélisation chrétienne d’inspiration évangélique, Top chrétien (www.topchretien.com), le second un manuel d’évangélisation rédigé par les responsables d’un mouvement d’évangélisation numérique chrétien de culture catholique, Lights in the dark, qui propose des sites web de « reculturation » chrétienne et des chats d’évangélisation.

Si leur propos est différent, ils se croisent dans l’affirmation de la nécessité d’une évangélisation en ligne, soit une communication chrétienne explicite visant, par le témoignage et l’apport langagier, à susciter une expérience se synthétisant et se formulant dans une expérience langagière appelée à devenir communautaire et ecclésiale.

Le premier ouvrage s’inscrit dans la dynamique protestante évangélique pentecôtiste et charismatique, le second dans la sphère catholique traditionnelle et charismatique, mais ils se rejoignent tant dans les moyens que dans les perspectives.

Le style spirituel, seul, diffère. Le livre demeure un vecteur d’institutionnalisation et de constitution d’une figure en référence experte. L’un et l’autre ouvrages attestent de l’importance des réseaux numériques pour l’activisme chrétien et invitent aussi à une « conversion numérique » des dévots (Favret-Saada, 2017), i.e. à passer aussi en mode numérique pour les activités d’apostolat. La conversion suggérée est donc double : à Jésus-Christ et au digital.

David Nolent dirige le site et ensemble de services numériques chrétiens Top chrétien, premier portail francophone chrétien, édité en France, créé en 1999. Missionnaire sur Internet est le titre donné à ce récit de conversion et de prise de conscience de sa mission par un docteur en informatique industrielle spécialiste du traitement de l’image couleur qui « rencontre Jésus », au Royaume-Uni et décide de s’investir dans l’évangélisation en ligne. Un premier ouvrage avait déjà été consacré à la mission d’évangélisation digitale de Top chrétien par Éric Célérier, Connexions divines (éd. Première partie, 2016, 224 p.), commenté dans ces colonnes (Hermès, no 77, 2017, p. 271 sq).

Le fondateur du site y racontait comment il avait saisi que le dieu chrétien voulait faire de lui le « Bill Graham de l’internet » (le prédicateur évangéliste médiatique étasunien revient dans l’ouvrage de Nolent) et évoquait ses dialogues avec son dieu et les actions divines qui accompagnaient le développement du service web.

Missionnaire sur Internet est un livre de témoignage (au sens spirituel du terme) et d’exhortation à la conversion, voire de prière. Il vise, dans la tradition, finalement, des Confessions d’Augustin d’Hippone, à illustrer les grâces du « Seigneur » dans les vies, et invite à sa louange, comme à la conversion chrétienne.

« Un apôtre digital » pourrait d’ailleurs être le sous-titre de cet ouvrage. Acte de communication, il déploie aussi une intention et une action communicationnelles. David Nolent y raconte l’incertitude de son chemin de vie, qui le conduit à rencontrer celle qui devient son épouse, et, s’il le fait ainsi, c’est pour montrer l’action de dieu dans sa vie, qui le pousse à évangéliser en ligne. L’évangélisateur l’avoue d’emblée : « […] ma passion était de développer des sites internet pour communiquer la foi chrétienne. » (p. 14) Ses premiers sites s’intitulaient Christian Life answers et Pourquoi ? Lorsqu’il s’interroge sur le plan de dieu dans sa vie, celui-ci lui répond, mentalement : « Missionnaire » et « internet » (p. 14 et 91) : « Tout comme l’apôtre Paul […] ce soir-là je compris mon appel : être un envoyé parmi les internautes ! ». (p. 14) ; « Je me levai et criai : “Je suis missionnaire sur Internet, c’est mon appel, ma destinée […]” » (p. 91).

Il rencontre ensuite Éric Célérier et lui fait part de son désir d’évangéliser en ligne à ses côtés : « Je le ferai comme un missionnaire qui […] part dans un pays pour faire connaître Jésus. À la différence que je serais un missionnaire sur (sic) le pays “Internet” ! »

Sa formation spirituelle accomplie, le moteur de l’évangélisation semble être l’effroi devant la méconnaissance du Christ : « Mon coeur était lourd de voir que tant de gens allaient mourir dans leurs péchés, sans connaître Jésus, leur Sauveur2. Les larmes ruisselaient sur mon visage. Il fallait faire quelque chose. Et c’était urgent ! » (p. 71-72).

Après un appel à dieu à propos de son destin (« Père utilise-moi ou tue-moi », (p. 73), David Nolent saisit l’activité dans laquelle il doit s’engager : « Si je veux atteindre plus de gens et plus rapidement pour Jésus, ça doit passer par Internet ! » (p. 77), il apprend le html, développe une animation Flash et entre en lien avec le petit réseau des acteurs évangéliques du numérique : « Faire connaître Jésus par internet, j’aimais cela et je le faisais sans effort. J’aimais les gens et souhaitais tant les voir heureux dans une relation avec le Seigneur. » (p. 79) Il part à la recherche de partenaires financiers pour « investir dans le salut de nombreuses personnes par le biais d’Internet ! » (p. 95), car « si [Dieu] vous a donné un projet, il en assurera aussi le budget ! » (p. 99).

Il crée le parcours ConnaîtreDieu.com en lien avec le site Top Chrétien réalise des vidéos, notamment de témoignage. Le site rencontre le succès et se développe à l’international : « Dans plusieurs pays du monde nous développons la même stratégie que celle utilisée en France : un site internet adapté culturellement, une équipe de conseillers, des publicités sur Google, des cartes de visite pour les églises et des affiches dans les rues. » (p. 104). Et le succès se comptabilise grâce aux métriques d’internet : le parcours « dépasse un taux de prière de 20 % » (p. 102), « pas loin d’un million de personnes avaient mentionné avoir accepté Jésus comme Sauveur et Seigneur de leurs vies » (p. 105) : « Oui, Dieu se sert d’Internet ! Et s’il le faut, il envoie aussi des anges allumer les ordinateurs ! » (p. 103)

Le récit de David Nolent est éclairant aussi, plus largement, en deçà du numérique, quant à l’activité proprement communicationnelle du religieux : il décrit les rencontres au sein d’une Église chrétienne, l’apprentissage de l’animation d’un groupe et des « discussions spirituelles » (p. 70), l’écoute de la voix de dieu en soi (« comme capter une bonne fréquence fm… entourée de bruits parasites », p. 74), l’apprentissage de la prière comme mixte d’une pratique corporelle et langagière (agenouillement et adresse explicite à Jésus), l’apprentissage du dialogue direct avec dieu, la réponse étant perçue sous forme mentalisée avec accompagnement ou non de formes extérieures, la réflexion personnelle se trouvant ici écartée au profit d’une forme de « cognition divine » (si je pense, c’est que dieu a mis ses pensées et opère en moi, d’une façon qui évoque certaines doctrines théologiques médiévales occidentales).

Les perspectives de David Nolent s’orientent globalement désormais vers celle de « youtubeurs chrétiens, un peu comme Norman ou Cyprien » via les chaînes Quoi d’Neuf Pasteur ? (p. 113) et Booste ta journée !, vers la webradio (p. 116 sq), un web télé, puis la formation en ligne : « Le résultat pourrait être, par la grâce de Dieu, un changement profond de notre société ». On voit l’objectif, parfaitement décrit par Philippe Gonzalez dans Que ton règne vienne ! Des évangéliques tentés par le pouvoir absolu (Labor & Fides, 2014). Le livre s’ouvre sur une invitation aux dons, et à l’engagement comme bénévole ou missionnaire, et avec une représentation d’internet comme quatrième révolution industrielle (après celles de la mécanisation, de l’électricité et de l’électronique). L’ouvrage s’achève sur une vision apocalyptique, au sens propre : internet est sans doute « le dernier grand champ missionnaire à atteindre avant le retour du Seigneur » (p. 126), ce qui fait de l’évangélisation en ligne « la plus belle aventure de la fin des temps ! ».

Avec Évangéliser sur Internet, mode d’emploi, les animateurs du réseau catholique d’évangélisation digitale Lights in the d@rk (www.lightsinthedark.info) créé en 2015 Jean-Baptiste Maillard, Christophe Marger, Jean-Philippe Pontoizeau conçoivent pour leur part un guide programmatique qui vient succéder à l’ouvrage précédent de Jean-Baptiste Maillard, Dieu et Internet, 40 questions pour mettre le feu au web (éditions des Béatitudes, 2011) qui, avant la création de ce réseau, avait vocation à expliquer la démarche d’investissement d’internet pour diffuser la foi chrétienne catholique.

Comme son prédécesseur, Évangéliser sur Internet se veut à la fois témoignage d’actions menées et incitation à agir pour faire connaître le dieu chrétien. Les deux ouvrages ont en réalité une double vocation : inciter à dire la foi chrétienne en ligne en l’adressant à l’autre, et inviter les catholiques à recourir au numérique ; en ce sens, l’ouvrage récent est lui aussi un ouvrage d’évangélisation (au sens américain, technique et marketing du terme) au et du digital. En témoignent les nombreuses notes qui expliquent longuement « le numérique » à ceux, catholiques, qui l’ignorent encore.

Publié chez un éditeur du renouveau charismatique catholique français appartenant à la communauté des Béatitudes, l’ouvrage s’inscrit, par la spiritualité des auteurs et leurs lieux et liens de socialisation, dans la spiritualité charismatique catholique, et particulièrement dans la proximité de la Communauté de l’Emmanuel, dont les auteurs fréquentent les sessions de Paray-le-Monial. Ce courant s’inscrit dans la reviviscence d’un spiritualisme catholique, relevant d’un catholicisme « observant » (Yann Raison du Cleuziou), mettant au goût du jour les pratiques de dévotion émergées au xixe siècle (notamment l’adoration eucharistique) et fortement encouragées par Jean-Paul II, préconisant une forte pratique sacramentelle et liturgique, en partie rénovée dans sa forme de surface (chants joyeux, gesticulés ou dansés). Ce catholicisme rénové, proche de Rome, restitue des formes de dévotion données comme traditionnelles (rosaire, adoration eucharistique, neuvaine, etc.). (…) Ses références sont le Paul VI d’Evangelii nuntiandi (1975), le Jean-Paul II de la « nouvelle évangélisation » (…). L’insistance est portée sur « la louange » (l’adoration du dieu chrétien) et sur une interprétation assez littérale, sinon directe, du texte biblique.

L’ouvrage contient plusieurs strates, si l’on peut dire :

a) il valorise les initiatives du réseau Lights in the dark, créé sous le patronage de Mgr Dominique Rey à Toulon (création de sites sur des séries ou des événements culturels, dans une perspective catholique, chat d’évangélisation en ligne) ;

b) il explique et motive l’évangélisation en ligne ;

c) déploie l’argumentation pontificale à ce propos ;

d) il reprend les thèmes d’une spiritualité chrétienne propre au renouveau charismatique. L’ouvrage est empreint à cet égard d’une forte texture spirituelle, issue d’un discours qui porte les animateurs du réseau, par les nombreuses citations et références évangéliques qu’il comporte ;

e) une invitation à rejoindre le réseau et à contribuer à son action d’évangélisation (ou à le financer).

Lights in the dark – dont le nom est une référence au livre biblique d’Isaïe (9,1), « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière » – entend édifier « une cathédrale numérique » par ses sites supports d’évangélisation sur le web. Il s’agit de considérer internet comme « un média à part entière » (p. 185). Le réseau conçoit dans cette perspective « un processus global d’évangélisation » (car « Chacun de nos frères en humanité […] a le droit d’entendre la bonne nouvelle du Salut pour lui […] » p. 38) structuré en quatre étapes : « 1. ouvrir de nouvelles rues dans le continent numérique, 2. Produire des contenus afin d’y attirer nos contemporains ; 3. Diffuser ces contenus dans les réseaux sociaux, ce qui revient à “jeter les filets” ; 4. “poster” des e-missionnaires dans ces rues numériques pour évangéliser les passants-internautes. » (p. 32). L’axe central de l’évangélisation numérique conçue par Lights in the dark, qui s’affiche avec un humour tout catholique en couverture de l’ouvrage en représentant un jeune homme cherchant Dieu et une jeune femme lui répondant, met l’accent sur le live chat, la conversation écrite synchrone sur internet. Des modules de chat (irc) – imités des chatbots (boites de dialogue écrit automatique) proposées sur le site de sncf – sont insérés dans des sites culturels (qualifiés de « sites filets », p. 31, 74) créés par l’association, en réponse à des questions sociales (le corps féminin), philosophiques (la mort, l’éternité, etc.), saisonnières ou culturelles à portée religieuse (Toussaint, Noël, incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris, etc.) pensées comme présentes dans la société ou à des représentations produites par les industries culturelles (séries, films) de thématiques chrétiennes (Le Vatican, un séminaire, Pie XII, l’Inquisition, etc.). « À Lights in the dark, nous cherchons, par tous les moyens, à nous faire remarquer de ces internautes, pour attirer leur attention. Voire les “titiller”, les intriguer et capter ainsi un peu de ce temps dépensé dans les divertissements en ligne. Bien référencés dans Google, nos sites qui éclairent des films ou des séries télévisées deviennent une bonne porte d’entrée. » (p. 52) Ces sites constituent autant de « rues numériques » dans lesquelles il est possible de « rencontrer » des internautes avec lesquels échanger : « Ainsi, le choix stratégique de Lights in the dark est de développer un “écosystème numérique” composé de plusieurs “rues numériques” ouvertes au fur et à mesure du développement de notre mission en ligne, selon l’inspiration donnée par l’Esprit Saint et les propositions qui nous sont faites. » (p. 72-73) Une équipe de bénévoles assure la gestion et l’échange par chat, dont le but est l’annonce du « kérygme » chrétien, soit le message situé au coeur de la révélation chrétienne (divinité du christ, résurrection, advenue du royaume de Dieu).

Le chat mis en place par Lights in the dark vise des « non cathos » et espère les conduire vers l’Église catholique, en les orientant vers des contacts ecclésiaux (clercs ou laïcs) disséminés sur les territoires. Une prière personnalisée est souvent rédigée à leur attention, un peu comme dans la nouvelle de Woody Allen « Notre Père qui êtes sur la Toile » (L’erreur est humaine, Flammarion, 2007, p. 67-79) – la mafia en moins – pour les engager dans une démarche de foi, en évoquant leurs attentes propres. Ce chat doit être vécu dans la prière qui le prépare (chapelet, adoration eucharistique), sous la conduite de l’Esprit saint, qui en suggère le contenu. L’ouvrage, qui s’efforce de penser cette pratique de communication en ligne, aborde également la question du langage : il importe pour Jean-Baptiste Maillard et ses comparses médiactivistes religieux – autant de « missionnaires » de l’internet – de s’écarter du « jargon catho » (p. 77) pour parler efficacement aux « non-croyants ». Il y a en effet dans ce mouvement la conscience de la nécessité de la sortie d’une sphère identitaire qui enclot (p. 117), mais le langage religieux revient très vite, dans le chat, au nom de la proclamation chrétienne explicite. Il s’agit, via GoogleTrends, d’écouter le monde (Maillard, 2011) pour lui parler de Jésus à partir de ses propres attentes : « on renverse donc la perspective : nous ne communiquons plus de façon descendante, en “émission”, sans trop nous préoccuper de ce qu[e les gens] attendent et recherchent ; nous partons de la base, du grand public, de leurs préférences, de leurs passions, hobbies ou questionnements, et nous bâtissons un écrin qui soit plus à même de les accueillir, sans interférences avec d’autres contenus qui seraient sur une autre tonalité, et perturberaient alors l’ambiance. » (p. 98) Il s’agit pour Lights in the dark de « mettre l’internaute au centre de la relation » (p. 100). Le Christ aurait même d’ailleurs, selon les Auteurs, inventé le concept relevant du marketing digital d’ « “expérience utilisateur” » avant les Gafam, en considérant le prochain comme « le plus important » (p. 100).

Les auteurs insistent également sur l’importance du « témoignage », soit l’attestation personnelle d’une expérience de foi, qui seule, selon eux, peut toucher l’internaute en attente. En termes de communication, l’association fait le choix de refuser, dit-elle, « l’apologétique » (p. 145), soit, au sens qu’elle donne à ce terme (l’apologie), la défense de l’Église catholique (attaquée de toutes parts) pour privilégier l’évangélisation des incroyants : « Cette Bonne Nouvelle que nous sommes tous aimés de Dieu est, dans la vie humaine, le “buzz éternel” que nous devons communiquer au monde qui nous entoure. » (p. 53). De la même façon, elle se tient en apparence à distance du politique (dans lequel elle s’inscrit néanmoins volens nolens par ses affinités propres avec le catholicisme identitaire) comme de l’économique (p. 197), préférant vivre de dons.

Le réseau Lights in the dark affirme avant tout l’importance pour lui de l’évangélisation : « Nous ne pouvons pas laisser Internet à ceux qui y répandent l’athéisme : il est exclu que Dieu en soit absent. » (p. 34) ; de fait, « Internet est une véritable “Terre promise” pour l’évangélisation » (p. 43). Et de conclure : « L’évangélisation sur Internet, enfin, est une mission d’intérêt général : elle se propose de donner des repères à une société sans boussole, qui s’enfonce dans une nuit médiatique de plus en plus sombre […] ». (p. 196)

Si les ouvrages de David Nolent et de Jean-Baptiste Maillard et ses comparses diffèrent dans le propos et la méthode (témoignage de vie pour l’un, guide de pensée et d’action pour l’autre), et bien sûr dans le « style » spirituel, ils convergent cependant dans le fait qu’ils valorisent et visent à institutionnaliser un dispositif d’évangélisation chrétienne en ligne en même temps qu’ils aspirent à impulser un mouvement et se cherchent des imitateurs.

Ils appartiennent l’un et l’autre à des courants chrétiens spiritualistes qui convergent actuellement (en France, au Brésil, aux États-Unis) ; Lights in the dark cite d’ailleurs à plusieurs reprises Top chrétien.


Commentaire de l’équipe

Cet article universitaire a l’immense mérite d’être l’un des rares articles à comparer la méthode évangélique et la méthode catholique, même si cela mériterait encore un approfondissement sur de nombreux points : ce que la primauté de la grâce implique dans l’évangélisation menée par les catholiques, par exemple. Ou la moindre importance, pour nous, de l’efficacité apparente de la mission, prise dans sa globalité (indicateurs, taux de ‘conversion’…) quand nous préférons tenir davantage compte des  quelques fruits perçus, racontés dans notre livre : première conversions, demande de baptêmes, retours à l’Eglise, croissance spirituelle des e-missionnaires, même s’ils sont encore trop peu nombreux.

Par ailleurs, les trois auteurs de notre livre ne s’apparentent pas à un catholicisme “peu critique, peu ouvert au débat, peu rationaliste” :  d’abord parce que les trois sont de culture scientifique ou juridique, par leurs études respectives, et s’appuient donc naturellement beaucoup sur la raison qui s’allie à la foi. Mais aussi et surtout parce qu’ils passent justement leur temps, et même leur vie, dans leur approche de l’évangélisation, à débattre avec leurs semblables loin de l’Eglise. C’est aussi cela, pour eux, l’évangélisation, et c’est d’ailleurs pour cela qu’ils ont ouvert un chat’ qui est une porte ouverte sur le monde et ceux qui les entourent. Mais, sur ce chat’, ce n’est pas parce qu’on annonce l’amour de Dieu pour tout homme qu’un “langage religieux revient très vite” : ce serait justement un travers qu’évangéliser avec une langue de buis ou un jargon catholique. Comme de parler politique, ce qui est exclu par toute évangélisation.

Enfin, les références des auteurs ne sont pas seulement Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI, puisque le pape François est cité plus de 50 fois dans le livre ! Son apport extraordinaire à l’évangélisation sur Internet, la fameuse “culture de la rencontre”, y est d’ailleurs largement approfondi. Bref nul désir de prosélytisme chez les auteurs, sujet déjà largement abordé dans le premier livre de Jean-Baptiste, Dieu est de retour (Editions de l’Oeuvre, 2009), et l’on pourrait ici citer Benoît XVI : “la foi ne s’impose pas, mais elle se propose“.

 

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