« Des prénoms sont apparus, des craintes, des peurs et des attentes aussi »

Jean-Philippe évangélise sur notre live chat’ depuis janvier dernier, à la suite de notre 1er week-end de formation. A l’occasion du lancement de notre premier MOOC sur le sujet, il nous livre aujourd’hui son témoignage de ces premières semaines de mission en ligne. Tout récemment, on l’a vu discuter un internaute qui déclarait, via notre site Lavieaprèslamort.com, vouloir se suicider :

L’internaute : – Dieu m’a abandonné…

Jean-Philippe : – Ce soir, Dieu vous a écouté puisque je suis de l’autre côté de l’ordinateur et que je mets tout mon cœur à vous écouter…

Son témoignage

Ma première découverte indiscutable a été celle de la dimension humaine d’internet : celle-ci s’est faite par étapes successives. Tout d’abord, j’ai pris conscience de cette immense activité connectée à la surface du globe. En effet, voir des gens de tous les pays s’intéresser aux sites de Lights in the Dark est vraiment très impressionnant.

Le Maroc devient tout à coup un lieu tout proche, comme la Tunisie, le Sénégal, le Canada et plein d’autres encore ! Puis, au fil de mes « veilles » d’e-missionnaire sur le live chat’, il y a eu une véritable personnification de tous ces internautes. Des prénoms sont apparus, des craintes, des peurs et des attentes aussi.

Assez rapidement, les internautes ont commencé à perdre, pour moi, leur « virtualité » et ont pris chair. Je pouvais penser à eux et les imaginer devant leur écran. Ils sont maintenant devenus – même en l’absence d’échange réel avec moi – des
« frères humains » – avec tout ce que ces deux mots recouvrent.

Ma seconde découverte a été celle de la nécessaire distance qui doit se faire jour, me semble-t-il, entre les internautes et l’e-missionnaire, malgré notre « fraternité ». En effet, les questions et les remarques des internautes sont parfois inquiétantes, abruptes, désopilantes, voir intéressées. Et si durant mes premières « veilles », je suivais du mieux possible, les consignes données lors de la première formation dispensée par l’association, mon intelligence me servait malgré tout de premier et presque unique support pour tenter d’apporter ce qui me semblait alors rationnellement utile à mes interlocuteurs.

Mais cette approche a basculé très vite lorsque j’ai eu la chance qu’un internaute – le Père René Luc – me demande où étaient les e-missionnaires. C’était un soir où je m’étais mis de « veille », j’ai donc répondu mais en minimisant ma fonction. E-missionnaire ça posait « trop » à mes yeux. Cependant, cette interpellation a fait son chemin très vite.

Pour ceux qui sont de l’autre côté de l’écran, leur interlocuteur est un « e-missionnaire » et c’était bien la « charge » que, lors de la formation de janvier 2018, Lights in the Dark avait proposé.

En une soirée et une nuit de « digestion », grâce à cette interpellation providentielle,  l’e-mission m’est apparue concrète, évidente, mais également ardue et ingrate.

Ma troisième découverte est celle de l’importance primordiale de la prière. La découverte et l’appréhension de l’autre à travers le réseau électronique ainsi que la prise de conscience de la dimension de l’e-mission m’ont amené à ne pas prendre à la légère la nécessité vitale qu’il y a de prier avant et durant les « veilles ». Je le fais de deux manières :

  • En premier lieu il y a la récitation du chapelet qui me replace sous la protection de Marie, mais qui surtout me remet dans la dimension que je répète au fil des grains et qui est toujours la mienne, celle du « pauvre pêcheur ».

C’est pour moi essentiel afin de ne pas oublier la fraternité et surtout la miséricorde qui doivent, je pense, présider à toutes les « veilles ».

  • En second lieu, il y a l’évidence d’une autre nécessité absolue, celle de prier l’Esprit Saint pour palier, bien sûr, à l’insuffisance de mon intelligence, mais surtout pour tenter d’être entre ses mains un outil malléable et de répondre le moins mal possible aux interrogations des internautes. On pourrait donc dire que c’est par cette confiance abandonnée que la prise de conscience du « frère internaute » se fait réelle et non pas seulement intellectuelle.

C’est aussi par cet élan vers Dieu que l’attente silencieuse devant l’écran n’est pas seulement attente ingrate mais surtout prière pour tous ceux qui sont en même temps que moi sur l’immense réseau internet. L’e-mission n’est plus seulement alors la seule charge de répondre durant un dialogue, mais celle de prier pour tous les internautes.

Pour conclure ce qui me vient en premier, c’est un très grand Merci à l’association Lights in the Dark qui m’a accepté dans cette aventure missionnaire, puis ensuite un immense Merci à la Providence qui m’a proposé cette tâche qui me semble en phase avec les attentes que je cultivais au fond de moi mais sans pouvoir leur donner une forme concrète.

Jean-Philippe (notaire à Châteaudun)

Pour aller plus loin :

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